Février 2019
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Rachel Stehli est enseignante de musique. Elle se base sur la méthode Tonalis qu’elle a rencontré dans son parcours de musicienne et qu’elle enseigne maintenant elle-même aux adultes. Pour nous parler de son travail, elle était entourée d’instruments en tous genres, qu’elle nous a fait expérimenter pour illustrer ses propos, essayer de nous les faire vivre, sentir. Elle aborde dès le départ la notion de développement de l’enfant, l’importance de respecter ses phases dans l’enseignement de la musique. La tendance actuelle va vers le « plus tôt l’enfant apprend à jouer d’un instrument, le mieux c’est », solfège y compris. Le solfège est certes très précieux, personne n’en doute. Mais c’est comme pour le langage : on n’apprend pas la grammaire avant d’apprendre à parler. Et le solfège, c’est la grammaire.Jusque 8-9 ans voire plus tard Rachel préfère ne pas aborder l’apprentissage d’un instrument en tant que tel. Elle oriente plutôt son travail sur la plastique du tympan, sur le développement de l’oreille, de l’écoute. Plonger l’enfant dans des ambiances différentes, avec la musique modale, dans des harmoniques hautes (la musique électronique contient très peu d’harmoniques et ne permet pas le développement correct de l’oreille), dans des chants aux longs phrasés, se terminant par un note ouverte.Et les notions de solfège viendront petit à petit, plus tard, par l’expérience. La “tonique“ ? Écoutons ce chant : quelle est la note où on se sent chez nous ? Une syncope ? Écoutez : c’est quand il n’y a pas de note sur le temps (ce temps qu’on marque par ailleurs par nos pas, en chantant à travers la pièce). Au fur et à mesure que les enfants grandissent, toutes ces notions seront abordées de manière vivante.L’enfant est très malléable et s’adaptera toujours à un enseignement le plus précoce possible. Mais a-t-on conscience de ce qu’on fait perdre à l’enfant en terme de développement fondamental en voulant aller trop vite dans ces apprentissages ? Autre exemple que donne Rachel : le tout jeune enfant de 6 ans se sent bien dans le chant à une seule voix. Les chants polyphoniques (que nous, adultes, sommes pressés d’aborder car ils sont tellement beaux !) doivent attendre un peu, au risque de ne pas toucher l’enfant là où il en est.En 1h30, nous avons pu ressentir un peu de ce que Rachel fait vivre à ses élèves à travers son enseignement de la musique. En 1h30 nous avons pu avoir un aperçu de l’immense champ qu’ouvre la musique pour l’enfant – bien plus vaste que je ne me l’étais imaginé, quand elle est abordée en lien avec les phases de son développement. Cécile Defèche, parent d’élèves |
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